Le charme du Myanmar

Lorsque Mon Ami achraf m’a demandé de raconter un de mes voyages, j’ai bugé.

Oui, Comment écrire l’indescriptible, en plus parfois plusieurs années après les avoir vécues…

Comment décrire ce que l’on ressent au fond des tripes.

Et comme il y a un début à tout, j’ai choisi  de parler d’un voyage en Birmanie en Janvier 2012, ce que le temps passe vite…

À l’époque, le massacre des Royinghas ne m’était pas arrivé aux oreilles… et j’ai pu aller dans une mosquée Chiite sans trop de soucis et même m’y endormir après avoir lu quelques chapitres d’un livre de Tariq Ramadan… Depuis, les Royinghas se font massacrer et sont considéré comme l’ethnie la plus persécutée au monde (Ils sont apatrides et vivent dans des camps dressés par l’UNHCR pour en savoir plus cliquez ici)

Depuis il y a eu la Guerre en Syrie et Le Chiisme Sunite / Chiite n’a jamais été aussi saillant et depuis Tariq Ramadan a très peu parler du conflit Syrien, et encore moins des accusations qui pèsent sur lui depuis cet automne… Depuis Aung San Suu kyi “prix Nobel De La paix” s’est faite remonter les bretelles par d’autres prix Nobel de da Paix car après avoir assuré sa petite place pas très loin du trône, a fait preuve d’une islamophobie inquiétante pour une détentrice d’un tel prix…

Mais Passons! ici n’est pas notre sujet!

Achraf m’a demandé de parler de mes voyages et non de politique alors j’arrête ! Mais ce sont des choses qu’il faut avoir en tête lorsqu’on voyage… Où est ce que nous mettons les pieds? comment vivent les citoyens, les minorités des pays dans lesquels nous voyageons…

La Birmanie, reste l’un des plus beaux pays – d’un point de vue paysages- que j’ai visité jusqu’à aujourd’hui. C’est  ce que me dise ceux qui y sont passé il y a quelques Jours même si des changements s’opèrent…

Je ne sais pas si je le trouvais beau parce qu’il était vierge de toute modernité et donc c’est ce côté pittoresque qui m’a attiré ou parcequ’au delà de tout il regorge de paysage splendides, presque inexistant ailleurs… Je ne sais pas.

En tout cas ce pays de part ses paysages m’a énormément séduit.

 

 

Ainsi, un jour lors d’une décente d’un fleuve en bateau je fais la connaissance de Johan, nous nous dirigions vers Bagan…

Johan, travaillais pour le guide du petit futé et c’était drôle de voir “la manière dont se font les guides” . Un soir on se mets d’accord pour se retrouver au croisement d’une route qui reliait les deux villages où nous habitions respectivement pour aller voir un levé de soleil sur la plaine de Bagan…

On nous dit que le soleil se lève Vers 5h30, 6h…

Je réserve un vélo, j’achète une lampe torche des plus étrange: qui se branche directement sur une prise élèctrique, je prépare mon Sweat-Shirt à capuche, mon sac à dos et à 4h30 du matin je me dit qu’il est temps de quitter ma guest house pour prendre la route… un beau scorpion se baladait à côté de mon vélo, une petite photo de la petite bête et j’enjambe  mon vélo pour filer…

         

Noir, il faisait noir et la route que j’empruntais était littéralement déserte. Dans les minutes qui ont suivis, je me suis quand même dit que j’étais peu être un peu irresponsable: 4h30 du matin, sur une route, déserte, dans le noir, en Birmanie, seule… Mmmm… Bref. À cet instant précis, mieux vaut arrêter de penser, toute réflexion censée mettrait en échec mon levé de soleil sur la plaine de Bagan. Alors je pédale. Quand un bruit, m’a alerté . “Waf Waf”: Ce bruit universel du chien qui ne te veut pas toujours du bien… Je me disais bien que c’était pas une bonne idée: 4h30, seule dans le noir, à vélo dans la campagne Birmane!

Les “Waf Waf ” s’intensifient. Et là, ma Tunisianité m’a rappelé à quel point des chiens en meute pouvaient être désagréable… quelques mètres plus tard, ils ne m’ont pas raté et se mettent à me courser. Que Faire?! Défile alors dans ma tête les différents plan: Plan A/ B / C et le dernier plan Z revient à se dire: Je vais mourir ici, mangée par des chiens birmans. On retrouvera mes petits os et surtout mon vélo. Quelle fin tragique et pathétique. Je voyais ma vie différemment.

Et là, encore une fois ma tunisianité reprend le dessus. Oui, car en france on est moins souvent confronté à des chiens en meute qui course  des piétons! n’est Ce Pas??! Essayez d’aller faire votre footing dans lez zones péri-urbaines en Tunisie, vous verrez de quoi je parle.

Je m’arrête net. Plus j’accélérais, plus la meute me coursait. Je descends brusquement de mon vélo et je me baisse pour ramasser tout les cailloux à mes pieds et les lancer avec vigueur -réflexe que je ne connaissais pas- j’hurle en Tunisien – Oui, je m’énerve en tunisien – Je proclame des insultes que je ne pensais même pas connaître – Stupéfaction – mon père n’aimerai pas m’entendre parler de la sorte.

Et de façon simultanée mon  cerveau pense :

  • Tu vas survivre !
  • Les chiens ” Arbi / Birman “comprennent l’arabe : n’est ce pas ?!
  • Comment tu connais autant d’insultes???
  • J’ai presque plus de cailloux
  • Il Faut se baisser pour attraper d’autres cailloux : Les chiens peuvent attaquer à ce moment là, ne les quittent pas des yeux et fait un regard méchant “genre même pas peur
  • Je vais leur faire peur avec le regard , Je dois pas montrer que j’ai peur! c’est ce qu’ils disent dans les livres et les documentaires sur les animaux de France 5!
  • Si ça ne fonctionne pas je fais comment?!
  • Je me suis jamais senti autant énervée et apeurée
  • C’est quand même cool si je m’en sort! J’aurai une histoire à raconter!
  • Bon , Ils vont partir ou quoi?! J’ai plus d’idées !
  • Si tu te fait mordre, Il va se repasser comme en Inde et au Sri Lanka: Courir après les vaccins. Contre la rage : merci, mais non merci! Il mordra le vélo, oui, il faut les taper avec le vélo!
  • Comment taper des animaux! Je ne peux pas faire ca! c’est contre mes convictions …
  • Après ces idées simultanées, ils ont sûrement prit peur et ont rebroussé chemin, avec l’idée peut être d’aller chercher une proie qui ne parle pas l’arabe  et un peu plus consistante… Je reprends mon souffle… 

Et surtout je reprend mon vélo, comment vous dire que je n’avais jamais aussi vite pédaler de ma vie! Au point d’arriver bien plus tôt à mon point de RDV.

Je m’accroupie à côté de mon vélo dans l’attente de mon ami qui doit me rejoindre. je n’ai pas l’heure et il fait nuit.

Et là encore monologue existentiel: Mieux vaut éteindre ma lampe torche et être discrète ou au contraire, explorer ce qui m’entoure afin d’impressionner quiconque voudrait m’attaquer! on devient un peu parano : Oui…

j’ai alterné les deux stratégies jusqu’à l’arrivée de mon ami. J’ai entendu son vélo arriver au loin et prise d’un soulagement je me suis redressée pour le guetter. c’était bien lui. J’étais rassurée…  Je m’en sortais vivante! #ImAlive

je raconte mon aventure, lui habitué des aventures ne semble pas Trop  impressionné .

Pas grave. moi émotionnellement j’étais vivante. Je venais de semer une meute de chiens Birmans en Arabe, avec des cailloux, en vélo, à 4h30 du matin, seule comme une grande!

On part à la recherche d’un temple pour se hisser à son sommet et attendre la levée du soleil. On en choisi un qui est haut et dont les escaliers sont praticables, on laisse nos vélos et on grimpe…

En haut, un couple de chinois avait dormi dans leur sac de couchage pour ce levée de soleil et personne d’autres autour de nous. Il fallait donc chuchoter pour ne pas les réveiller.

Moment de solitude il fait encore nuit noire. Et on comprends que Le soleil ne se lèvera pas avant 6h30. Et Là mon petit côté parisien un peu râleur à prit le dessus “j’ai pris le vélo à 4h30, j’ai failli mourir à cause de chiens dans la nuit noire pour regarder Les Étoiles!!!!??? ” #WTF

Mon ami me signale qu’il y a même des étoiles filantes… Satisfaite à moitié, je continue de pester… je me moque de moi même et de ce mécontentement, mais les minutes passent vite, le ciel est sublime -Le couple de chinois dort encore- et les premières lueurs du jours se lèvent …

Les premières prières bouddhistes raisonnent et dans ce silence étourdissant le soleil émerge de son sommeil et inonde la vallée… Quelques montgolfières se lèvent dans le ciel -réservé à ceux qui avaient les moyens de payer 300US$ par personne- et finalement cette vue est probablement dans le top 10 des paysages que j’ai vu de toute ma vie…

Ainsi, en plein silence et pour immortaliser ce moment, on ose à peine utiliser nos appareils photos. Le bruit de la capture dénature presque le moment qui est unique…

Silence total. Observation optimale. Emotion unique. Au coeur de l’expérimental. Moment bien mérité…

Ce moment dure au moins une heure. Quelques birmans vont travailler, la plaine s’éveille… Le soleil qui se faisait doux se hisse et surplombe la vallée… ça commence à chauffer, quelques touristes arrivent… La vie s’installe mais reste discrète… Il est l’heure de redescendre et d’enjamber le vélo pour continuer la ballade…

Le voyage ne fait que commencer…

Bagan est une merveille, elle s’offre à nous…

vous avez aimé Angkor au Cambodge, vous adoreriez Bagan en Birmanie… dit celle qui n’est pas encore allé à Angkor, c’est pour bientôt j’espère !

Depuis, j’ai gardé contact avec Johan, qui après avoir quitté le Québec s’est installé au Vietnam et vie actuellement au Laos ou je lui ai rendu visite en Janvier 2017… Il profite de cette région de l’Asie du sud-est dont il est tombé amoureux lors de notre voyage…

Les voyages, ce sont des paysages, des rencontres, des expériences, des émotions, c’est expérimenter la vie là où elle est possible, surmonter ses peurs, dépasser ses limites ..

Malheureusement mon Nikon a eu quelques mésaventures et la carte mémoire aussi… j’ai perdu une majorité de mes photos à haute résolution… j’en aurai bien plus partagé avec vous si j’avais pu!

#ToBeContinued

#VoyageusementVotre

About the author: Nadia Tarhouni

Amoureuse de voyages depuis maintenant une dizaine d'année, Inde , Sri Lanka, Iran et bien d'autres pays d'Asie du sud-est , souvent en solo et sac à dos, la planète s'offre à nous, ne pas la découvrir c'est à mon sens ne vivre qu'a moitié …

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