Une partie de la côte Tunisienne à vélo? Ça marque à vie… (1)

Je dois peut être parler du commencement, où et comment l’esprit de l’aventure est né. Sauf que j’ai en absolu la mémoire que ça m’a toujours accompagné depuis le début du temps. Quand j’étais enfant regardant le dessin animé j’ai décidé de rejoindre le monde du digital.

dernièrement j’ai réalisé combien on a besoin de grandir pour continuer d’exister comme une plante réclame de l’eau. développer ce sens de l’aventure est devenu pour moi l’essence de la vie. Une vie loin des accablements, de la peur et du pessimisme. Partant ainsi à l’envol d’un monde infini.

Tous les détails précédant mon départ n’ont fait qu’alimenter une folle excitation qui me pousse tantôt à chanter, tantôt à danser sans se soucier de quoique ce soit, acheter ce vélo, le maintenir et l’équiper petit à petit m’a pris une grande énergie. mais avec toute joie j’ai continué à me préparer pour le grand jour.

le plus dur était de trouver l’occasion la plus convenable pour en parler à mes parents qui étaient absolument contre cet aventure. Et malgré, j’ai continué de débattre et de saisir chaque chance pour leur présenter des arguments susceptibles de leur faire changer d’avis.

je travaillais beaucoup durant les mois d’été pour réussir à cumuler un congé. Les rares moments de repos, je les passais à m’entrainer et me remotiver avec les encouragements de mes amis aussi humbles qu’aventuriers qui ont constitué avec leurs divers voyages ma plus grande inspiration.

je suis reconnaissante pour chaque personne qui m’a aidé à franchir le pas et me lancer dans l’aventure, surtout mon ami Iskander qui a passé des heures à m’expliquer les abécédaires de la maintenance du vélo après l’avoir choisi avec moi sans parler de son suivi au quotidien lors de mon voyage, ses précieux conseils, astuces ainsi que sa joie et fierté qui ont toujours dépassé les miennes.

tout le soutien des gens n’a fait qu’augmenter ma détermination, et j’ai annoncé le Top départ. C’était une journée relativement fraiche quand j’ai descendu le vélo de l’appartement alourdi avec tout le bagage que je devais emmener, mais exceptionnellement bien habillé pour l’aventure que je n’en revenais pas.

dès les premiers tour des roues, j’étais déjà corps et cœur dans le monde que j’ai tant attendu. Mes premières pensées furent destinés à mes parents, mon gagne-pain et ma vie dont je me demandais si j’étais bien contente, si j’entreprenais un avenir brillant ou seulement correct, si je suis lancée dans un voyage infini ou bien la stabilité de la vie me fera revenir. Je me demandais comment on a pu s’éloigner de la simplicité de la vie et la paix avec toute la satisfaction qu’elles génèrent cherchant à construire un monde automatisé sans âme, là où on a perdu les couleurs et la chaleur. Aussitôt j’ai pourchassé ces idées négatives et regagné les chapitres de mon voyage.

Il a commencé à pleuvoir dès la première heure sur la route, et ce n’était jamais une raison pour m’arrêter ou m’inquiéter, c’était une circonstance qui m’a mis loin de ma zone de confort et a pimenté mon aventure.

Quand je suis arrivée dans la ville de Bembla, les flaques d’eau tapissaient les routes, et il était marrant de traverser ces flaques et mes roues coulaient profondément dans l’eau, comme si je naviguais une rivière en petite barque.

Je m’arrêtai plusieurs fois pour saluer les gens sur la route qui étaient curieux de me voir débarquer avec mon vélo ultra-chargé , ils m’offraient donc souvent une tasse de thé chaud autour duquel on discutait de tout et de rien. J’arrivais dans la ville de Mahdia, où je trouvais mon ami Ali, qui m’accueillit dans sa maison et parcourut la ville en me racontant l’histoire de chaque coin.

Le lendemain, le temps était encore plus pluvieux, très tôt, j’ai repris la route vers Sfax, aux fortes précipitations venait se rajouter un brouillard surprenant vers le village d’Ouled Bou Samir, je me suis arrêtée pour tirer le sac fixé à l’avant et allumer la lampe du vélo, J’ai fini par trouver un abri ressemblant à un atelier abandonné avec toit en métal, mon pantalon était trempé. J’ai heureusement réussi mon haut au sec grâce à ma veste impermeable… l’accueil des gens m’a fait chaud au cœur, il était amusant de parler avec eux et leurs points de vue et il y avait une fille nommée Basma m’a ramené un pantalon imperméable j’étais tellement surprise! Elle m’a dit qu’ils vendaient des équipements et les vêtements d’apiculture et m’a ainsi offert le pantalon que je n’avais pas réussi à acheter avant de partir… J’ai terminé la route sous cette forte pluie et ma foi a augmenté, j’étais persuadée que Dieu me garde partout et m’envoie des clés à chaque instant pour que je puisse continuer le voyage.

Je voulais danser avec une grande joie, mais je conduisais et chantais à très haute voix sous la pluie battante et mes yeux remplis de larmes, reconnaissants envers tous ceux qui ont croisés mon chemin.

Je suis arrivée à Sfax après une dure journée et j’ai trouvé mes chers camarades en train de m’attendre et ils m’ont emmené faire un tour avec un cortège de motos et déguster un délicieux Joajim, un dessert typique de Sfax..

J’ai passé la nuit à la maison familiale de mon ami Ala, qui a insisté pour ne pas me laisser aller à la résidence à laquelle j’avais réservé auparavant pour éviter l’embarras, mais j’ai fini par céder à sa demande, on a donc savouré un excellent dîner avec ses parents aussi gentils qu’aimables.

Ma fatigue devenait pesante chaque jour qui passe, mais pas de place au repos avant d’arriver à ma destination. J’ai, comme d’habitude, repris la route très tôt vers Gabes, et ce jour-là, par chance, la pluie a cessé et le soleil brillait de nouveau, la chaleur du sud n’est plus très loin…

Je me suis arrêté à Al Mahrass pour nettoyer le vélo de la boue qui a commencé à bloquer les roues et l’entretenir, un ouvrier d’une station de service m’a aidé à le remettre en état par un karcher, le tout gratuitement avec l’encouragement.

Le vent était fort le chemin et la vitesse des camions me rétrécit le chemin, je commençais à paniquer ce qui a déclenché mon sentiment de fatigue, j’ai fini par m’arrêter plusieurs fois pour faire une pause.

Quelques fois, un sentiment de peur m’a envahi, et les doutes me remplissaient la tête car la route était déserte et je n’étais pas rassuré par les regards de certains passants.

J’ai regretté ne pas avoir emmené un couteau suisse pour me défendre en cas de besoin… Puis, j’ai essayé d’expulser ces pensées de ma tête et je me suis souvenu de la base de mon voyage, d’ouvrir le cœur par défaut ainsi mon âme est rassurée, et quand j’ai rencontré beaucoup de familles vivant à proximité de la route, ils m’ont souvent invité à boire une tasse de thé préparée avec amour et je me suis excusé de ne pas pouvoir répondre à leur invitation de passer la nuit vu que je devais terminer la route ce jour-là, leur vœux et appels pour veiller sur moi m’ont donné la force que je n’avais pas pour continuer.

Après cette journée épuisante je pensais passer la nuit à Skhira, j’ai donc contacté la maison des jeunes et leur a expliqué ma situation et demandé de passer la nuit, la personne qui m’a répondu était M. Faouzi, il m’avait dit qu’ils n’avaient pas de centre d’hébergement mais a insisté tout de même pour que je vienne me promettant de trouver une solution. J’ai accepté sans hésitation, même si je ne le connais pas mais je me suis dit, c’est une aventure et l’improviste en fait partie et parfois faire face à l’inattendu constitue en soi une leçon de vie. Et justement, j’étais agréablement surprise par l’aide que m’a apportée M. Faouzi, qui était content de me voir et en plus de ses encouragements pour cette aventure, il a pris en charge mon hébergement dans une chambre d’hôtel face à la mer en plus du diner et du petit-déjeuner, et aussi l’extrême gentillesse des travailleurs de l’hôtel.

J’ai passé une nuit confortable et calme, le balcon donnant sur un magnifique jardin et une piscine dans le centre et sur la plage du golfe de Gabes, c’était la pleine lune ce soir-là, dont j’ai profité pour admirer le ciel…

 

– Fin de la partie 1, rendez-vous la semaine prochaine pour la suite 😉 –

 

About the author: Rihab Gwayed

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